Nous avions adoré nos vacances en train en Croatie et souhaitions renouveler l’expérience. L’année passée, et bien que cette destination ne soit pas spécialement réputée pour son réseau ferroviaire, nous avons opté pour la Corse. Ca fait un bout de temps qu’on en rêvait, pour sa nature sauvage ses plages magnifiques et son côté rustique.
Itinéraire
En prenant comme contrainte que je voulais voyager un maximum en train, nous avons opté pour le nord de la Corse, vu que le réseau ferroviaire dessine un Y entre Bastia, Ajaccio, l’Île-Rousse et Calvi. Nous avions envie de séjourner à plusieurs endroits différents, mais aussi de prendre notre temps sans courir. Nous avons donc choisi trois points de chute : le Cap Corse la première semaine, Corte le weekend et la Balagne, près de Calvi, la deuxième semaine. Beaucoup plus calme donc que l’année passée où nous avions changé de logement 5 fois en deux semaines.


Le Cap Corse
Au Cap Corse, il a fallu louer une voiture car il n’y a pas de transports en commun. Rien. Nada. Pour éviter de courir à l’aéroport de Bastia, nous avons donc loué une voiture à des particuliers, via la plate-forme Turo que je recommande. C’est très simple, un peu moins cher que des professionnels et surtout la voiture est disponible au centre-ville.

Nous avons réservé un très joli bungalow dans un camping à Pietracorbara, un peu plus au nord de Bastia, d’où nous avons rayonné. Les communes du Cap Corse ont édité une brochure recensant de jolies balades familiales pour découvrir les villages, les fontaines, les placettes et de manière générale l’arrière-pays magnifique. En plus de cette brochure, il existe aussi une multitude de sentiers plus ou moins balisés qui permettent de sillonner le maquis. Chaque jour, nous avons donc chaussé nos chaussures de randonnée et sommes partis à la découverte du Cap Corse. Randonner permet de découvrir lentement les paysages, de s’approprier l’environnement, de rencontrer les habitants, de sentir les odeurs, de voir des animaux, …


En particulier, outre les petites randonnées autour des villages,
- nous sommes allés balader à la marine d’Erbalunga
- nous avons été flâner dans le joli village de pêcheurs de Centuri, en passant par le moulin Mattei et en revenant par la tour de Sénèque à Luri
- nous avons pris le bateau à Macinaggio pour rejoindre le sentier des douaniers à Barcaggio (et retour par ce sentier)
- nous sommes allés jusqu’au village abandonné de Caracu


Au fil de nos pérégrinations, nous avons croisé des chèvres et des vaches. Attention, car ces dernières sont parfois un peu agressives, et il vaut mieux faire un petit détour plutôt que de traverser le troupeau.


Le centre autour de Corte
Après avoir déposé la voiture à l’endroit convenu, près de la gare de Bastia, nous avons pris le « Trinichellu », direction la montagne. Après avoir traversé des paysages grandioses, de plus en plus escarpés, le train nous a déposés à Corte, au pied de la vieille ville. Je dois avouer que la montée à pied vers le centre-ville a été rude avec nos valises.


Bref, nous sommes restés peu de temps à Corte, mais suffisamment déjà pour apprécier la vieille ville, la citadelle et la montagne alentours. Nous avions un appartement en plein centre, proche des commerces et restaurants.


Nous avons bien évidemment fait une randonnée le long de la Restonica. La navette nous a déposés en haut de la vallée et nous sommes revenus par les sentiers. Une belle balade de quasiment une journée, en s’arrêtant souvent pour admirer le paysage, souffler, prendre des photos ou manger un morceau.
Calvi et la Balagne
Le lundi, nous avons repris le train Corse, direction Calvi avec changement à Ponte-Leccia. En Balagne, le paysage s’ouvre et s’aplatit. Même si le décor en arrière-plan est toujours la montagne, il y a de grandes zones de plat, et du coup, plus de grand-routes, de campings et de touristes. Notre camping était idéalement situé à 10 minutes de train (ou 30 minutes à pied) de Calvi, dans une pinède ombragée, à 2 pas de la plage.
Nous avons profité de ce camping plus familial, avec plus d’activités, pour nous poser un peu et alterner visites/randonnée avec la détente sur place : mini-golf, piscine ou lecture sur la terrasse.


Malgré tout, nous avons quand même
- visité Calvi et sa citadelle, une sympathique petite ville pleine de charme
- pris le train jusqu’à l’Île-Rousse, avec arrêt randonnée à mi-chemin entre Algajola et Sant’Ambrogio
Nous avons reloué une voiture chez Turo pour deux jours, afin de pouvoir sortir du circuit du train :
- visite des villages perchés de Pigna, Sant’Antonino, Lumio et randonnée jusqu’au village en ruines d’Occi
- randonnée dans le cirque de Bonifatu, retour en montagne à seulement 40 minutes de la mer


Le samedi, nous avons repris le train (très) tôt, en direction de Bastia. Nous avons profité de cette dernière journée pour visiter cette jolie ville, faire le plein de souvenirs corses (saucisson et biscuits principalement) manger et flâner. J’ai adoré Bastia, sa vieille ville, ses ruelles pentues, son vieux port, … Et nous avons pu en profiter jusqu’au bout, car même embarqués dans le bateau, nous avons encore pu admirer la vue depuis le pont supérieur.


Détails pratiques
Le trajet
Pour aller en Corse depuis la Belgique, c’est très facile. En théorie, on a un direct Bruxelles-Marseille (TGV, 5h30 de trajet) puis un bateau de nuit Marseille-Bastia (12h de trajet). Seulement, j’ai voulu faire ma maligne et faire des économies de bouts de chandelle. Pour l’aller, on a donc pris un Eurostar Bruxelles-Paris Nord, puis le RER vers l’aéroport Charles-de-Gaulle, puis un OUIGO vers Toulon où nous avions le bateau pour Bastia.
Eh bien je vous le dis, ce n’était pas une grande idée. D’abord, j’ai bien stressé à Paris-Nord pour acheter les tickets et attraper le RER, tout ça avec nos bagages. Ensuite, ça ne m’a pas fait tellement d’économies car le trajet en RER coûtait 13 € par personne. Pour le retour, nous avons fait Bastia-Toulon (bateau), Toulon-Marseille (TER) puis Marseille-Bruxelles (TGV). C’était déjà beaucoup plus facile, même si je n’ai pas particulièrement apprécié les 4 heures d’étape à Marseille, mais c’est une autre histoire.


A refaire, je conseillerais quand même de le faire en direct (Bruxelles-Marseille-Bastia), voire de passer par Toulon, mais pas de stop (avec changement de gare) à Paris.


A part ça, j’ai ADORE le bateau. Prendre une pizza sur le port, puis embarquer, s’installer dans une cabine très confortable (avec vrais lits, couettes, oreillers et même une DOUCHE), se balader sur le bateau, prendre un verre au bar, faire une ou deux parties de cartes, se coucher avec un bon bouquin, s’endormir avec le ronron du bateau pour se réveiller avec le lever du soleil sur la Méditerranée et arriver à Bastia au petit matin, quand tout est encore calme, juste à temps pour manger un bon petit dej sur un banc de la place Saint Nicolas … C’était vraiment très bien, et je le referais sans hésiter. Encore mieux que le train de nuit.
Déplacements
Sur place, nous nous sommes majoritairement déplacés en train, comme je le souhaitais. Pour les longues distances, le train est plutôt récent, confortable et ponctuel, même s’il secoue un peu. Il y a des toilettes. Il nous fait traverser des paysages fabuleux, où même les voitures ne passent pas. Le trajet est plus long qu’en voiture, mais pas tant que ça, et franchement la vue vaut le détour.
Le long de la côte de la Balagne, c’est un train beaucoup plus ancien et rustique. Ce n’est pas un problème car le trajet n’est pas très long, et là aussi, le voyage le long de la mer, dans le sable, vaut vraiment le détour.
On peut acheter les tickets à l’unité, et ce n’est pas très cher (par exemple : 10,10 € de Bastia à Corte, environ 1h30 de trajet). On peut aussi acheter un pass Liberta, qui permet de circuler librement sur tout le réseau pendant 7 jours consécutifs. Nous l’avons acheté en Balagne, pour prendre le petit train à notre guise.
Par contre, difficile de ne compter que sur le train pour tout visiter. Dès que l’on sort du circuit, il n’y a presque plus rien. L’offre de transports en commun est très mince. La location d’une voiture est nécessaire, à moins d’être adepte de l’auto-stop. Mais il est très facile d’en louer une à la journée sur Turo, avec beaucoup d’offres, à tous les prix.
Logement
Sur place, nous avons opté pour le logement en bungalow (camping) et appartement (Airbnb), afin de pouvoir prendre une majorité de repas dans le logement. Nous n’avons pris que les repas de midi à l’extérieur (pique-nique ou restaurant) quand nous étions trop loin pour revenir.
Au Cap Corse, le camping (partie bungalows) était vraiment très beau, avec des chalets en bois, très spacieux, et très calme. Malheureusement, la piscine (non chauffée) n’était pas ouverte (ni même remplie), ni l’épicerie (malgré ce qu’on m’avait annoncé par mail), ni le restaurant. Service minimum donc, mais possibilité de faire ses courses et de manger dans les environs.


A Corte, étant en pleine ville, pas de problème de courses ou de restauration, on avait tout sur place.
En Balagne, on sent la région plus touristique, avec beaucoup d’offres de logement (campings, hôtels, locations). Notre camping était beaucoup plus classique, dans le genre « grand camping familial », avec épicerie, piscine (ouverte et en partie chauffée), restaurant, mini-golf, et bungalows traditionnels (petits mais fonctionnels).
Météo
Comme nous sommes partis début mai, ça vaut la peine de faire un petit point météo. Il a fait très beau pendant notre séjour, en mode short/t-shirt/sandales. Il faisait une température idéale de 25°C, parfaite pour randonner ou visiter sans crever de chaud. Par contre l’eau n’a pas encore eu le temps de chauffer, ni la mer, ni la piscine. Bon à savoir pour les amateurs de sports aquatique ou de baignade.
En montagne, c’est autre chose. Il a fait beau, parfois chaud, mais avec aussi des épisodes pluvieux et plus frais. Certaines activités sont encore fermées, car trop tôt dans la saison (accrobranches par exemple). Bien vérifier la météo avant de partir randonner, car certaines randonnées traversent des torrents qui peuvent être impraticables. Dans notre cas, ça a été tout juste.
Budget
Budget pour une famille de 3 personnes, dont une ado de 14 ans
| Train Lustin-Toulon A/R (69 kg CO2) | 625,60 € |
| Ferry Toulon-Bastia A/R (228 kg CO2) | 333 € |
| Train en Corse | 180,30 € |
| Logements 13 nuits | 1330 € |
| Location de voiture (6 + 2 jours) | 376,23 € |
| TOTAL | 2.845,13 € |
NB: L’avion, lui, “coûte” 1.428 kg de CO2 A/R
Sur place, nous avons très peu dépensé en activités, car nous avons principalement randonné et visité des villages.


